Économie IDOUI TAYEB, PROFESSEUR À LA FACULTÉ DES SCIENCES DE LA NATURE ET DE LA VIE DE JIJEL

“Les pratiques n’assurent en aucun cas l’obtention d’une huile d’olive de classe extra-vierge”

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Amor ZOUIKRI Publié 23 Mars 2022 à 22:44

© D. R.
© D. R.

Liberté :  La qualité de l’huile d’olive, qui est un sujet de préoccupation, est, selon vous, à améliorer. Comment et pourquoi ? 
Idoui Tayeb : L’huile d’olive est un produit noble, signe de paix et de longévité. Dans la wilaya de Jijel, sa production augmente d’une année à une autre, cependant les pratiques n’assurent, en aucun cas, l’obtention d’une huile d’olive de classe extra-vierge. Les méthodes traditionnelles applicables de la fourche à la fourchette n'assurent nullement l’obtention d’une huile d’olive extra-vierge. Des campagnes de sensibilisation et des journées de formation doivent obligatoirement être prévues afin d’initier et de transmettre un savoir-faire aux acteurs de la filière oléicole, à savoir les oléiculteurs et les détendeurs d’huileries traditionnelles et modernes.

Le recours aux méthodes scientifiques est la seule solution pour réussir la production d’une huile d’olive de qualité irréprochable...
En premier lieu, il faut choisir les variétés qui vont et les facteurs pédoclimatiques de la région. L’entretien et le suivi sanitaire sont d’une importance capitale pour une optimisation du rendement de la production. Au cours de la saison oléicole, la cueillette doit être opérée aux 2/3 de la maturation des fruits et il faut se doter d’un matériel destiné à cette fin. L’usage des sacs de récupération (semoule, farine…) est à bannir et là, il faut que les mentalités s’orientent vers l’usage de caisses et ce, dans le but d’éviter la contamination et la fermentation. Le transport doit assurer l'arrivée des fruits sains au niveau de l’huilerie. Cette dernière est appelée à réserver et à aménager des surfaces de stockage du produit tout en préservant sa qualité (à l’abri du soleil…). Le plus important est que l’extraction s’opère dans les 72 heures qui suivent la cueillette ; au-delà, la fermentation débute et la qualité sera perdue, avec comme conséquence l’augmentation de l’acidité de l’huile d’olive. 
Les huileries doivent être modernes et les anciennes sont appelées à faire des efforts en modernisant leurs circuits d’extraction. En gros, les propriétaires d’huilerie doivent maîtriser le fonctionnement de leurs ateliers, de l’effeuilleuse au séparateur. Enfin, l’huile d’olive doit être recueillie dans des emballages alimentaires et stockée à l’abri des facteurs d’altération (lumière…).

Une convention a été signée entre l’université de Jijel et la Chambre d’agriculture. Quel est son objectif, d’autant que vous insistez sur la science et la technologie à introduire dans la filière pour améliorer la qualité du produit ?
L’université est la locomotive de la recherche scientifique et elle est ouverte sur le secteur socioéconomique dans le but d’assurer l’accompagnement et de transmettre le savoir-faire. La convention signée avec la chambre de l’agriculture depuis bien longtemps a pour objectif principal l’apport de connaissances et la contribution au développement des différentes filières qui caractérisent la wilaya de Jijel, allant de l’oléiculture à l’apiculture, l’aquaculture, l’aviculture et autres filières. Un réflexe sur les prestations de service est déjà envisagé par les responsables de la faculté sur la qualité des produits, qui sera prise en charge par les laboratoires de recherche.

L’Algérie, en dépit de sa tradition ancestrale dans l’oléiculture, ne figure pas dans le tableau des pays producteurs et exportateurs d’huile d’olive. Pourquoi, selon vous ?
Effectivement, avec tout le potentiel existant, l’Algérie n’arrive pas à trouver sa place sur le marché mondial bien que les portes de commercialisation et d’exportation de l’huile d’olive soient ouvertes (les pays asiatiques et ceux du Golfe sont des marchés potentiels pour l’exportation). 
La filière n’est pas bien architecturée, l’absence de coopérative et la non-maîtrise des procédés d’extraction ont fait qu’il y a une réticence de prévoir l’exportation malgré le fait que certains oléiculteurs privés ont déjà trouvé leur place sur le marché mondial à travers une huile d’olive extra-vierge labellisée. L’intervention de l'État par le biais des ministères du Commerce et de l’Agriculture pour structurer cette filière et l’encourager à aller vers un objectif précis, qui est l’exportation, est, à ce titre, importante et nécessaire.
 

Propos recueillis par : ZOUIKRI AMOR

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