Économie L’Union européenne en quête d’alternative au gaz russe

Les USA veulent s’imposer en partenaire principal

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Ali TITOUCHE Publié 27 Mars 2022 à 10:20

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Les États-Unis se sont engagés à fournir plus de gaz à l’Union européenne. Après avoir doublé leurs livraisons ces derniers mois, ils “s’efforceront” avec des “partenaires internationaux” de fournir à l’Europe 15 milliards de mètres cubes supplémentaires de GNL en 2022. C’est ce qui est prévu en tout cas dans le cadre d’une initiative dont les grandes lignes ont été dévoilées, vendredi, par le président Joe Biden et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Même si les États-Unis sont déjà le premier fournisseur de GNL de l’UE avec, au compteur, 22 milliards de mètres cubes en 2021, les volumes expédiés à destination du Vieux Continent ne représentent, tout compte fait, qu’environ 6,3% des importations totales de gaz des Européens. 

Les quantités de GNL expédiées par les Américains vers l’Europe sont bien loin de rivaliser – jusqu’ici – avec le gaz russe, dont les quantités exportées vers l’Allemagne l’an dernier se sont élevées à 59 milliards de mètres cubes de gaz naturel. Selon les termes de l’initiative annoncée vendredi, les importations de l’Union européenne en GNL américain devraient augmenter progressivement pour atteindre environ 50 milliards de m3 en 2030, soit l’équivalent d’un tiers de sa consommation totale de gaz russe. Les Vingt-Sept ont entériné le projet d’une plateforme dédiée à gérer les achats communs de gaz de l’ensemble des pays de l’UE. 

L’objectif affiché par les Européens et leurs alliés américains étant de permettre au Vieux Continent de s’affranchir progressivement du gaz russe pour atteindre zéro importation en provenance de Russie en 2030. La guerre en Ukraine a poussé les Européens à quêter des alternatives aux hydrocarbures russes ; Moscou fournissant quelque 150 milliards de m3 de gaz par an, dont 15 milliards de GNL. Or, le GNL, qui représente l’essentiel des exportations américaines vers l’Union européenne, ne pèse que 20% de la consommation gazière européenne. 

Les limites de l’initiative conjointe UE-États-Unis
Sur papier, le plan d’approvisionnement alternatif arrêté par la Commission européenne avec la contribution des États-Unis s’annonce pour le moins ambitieux, mais faudra-t-il que les Américains – qui veulent s’imposer en partenaire principal – puissent acheminer à destination de l’Europe toutes les quantités nécessaires pour la couverture des besoins des Européens en gaz. En pratique, l’initiative conjointe USA-UE s’annonce complexe à mettre à exécution sans l’adhésion d’autres grands exportateurs mondiaux de gaz, étant donné la forte exposition de l’Europe au gaz russe ; 45% des achats de gaz de l’UE provenant de Russie. Une proportion qui atteint 55% pour l’Allemagne et plus de 95% pour la Finlande, la Hongrie et la République tchèque.

Il est vrai que l’initiative USA-UE pourrait reconfigurer carrément l’approvisionnement énergétique de l’Union européenne, ce qui serait le plus grand changement dans la consommation d’énergie européenne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais les analystes restent sceptiques quant à la capacité des producteurs américains de GNL à produire tout le gaz dont l’Europe aura besoin. Pour que cela puisse être possible, les producteurs US de GNL devront rediriger les cargaisons d’autres acheteurs pour satisfaire la demande de gaz de l’Europe. Cela serait également possible dans la conjoncture actuelle marquée par une forte hausse des prix du gaz en Europe, laquelle a rendu le GNL américain compétitif par rapport au gazoduc.

Cependant, une grande partie du GNL américain est déjà sous contrat, ont noté des analystes, tandis que la hausse actuelle des prix qui a renforcé la compétitivité du GNL américain pourrait ne pas être de longue durée. 
En outre, les terminaux GNL européens ont une capacité disponible limitée pour absorber un approvisionnement supplémentaire en provenance des États-Unis ou d’autres grands producteurs en cas de perturbation du gaz en provenance de Russie. 

 


Ali Titouche

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