Éditorial

Kahina, islam et liberté

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Hassane OUALI Publié 27 Mars 2022 à 10:41

Partisane d’un islam libéral, l’islamologue Kahina Bahloul porte une réflexion renouvelée sur la pensée islamique. Dans son livre Mon Islam, ma liberté, elle préconise une réforme de fond du discours religieux qui est l’apanage des tenants d’un rigorisme exclusiviste. Les courants islamistes radicaux ont, en effet, fait main basse sur la religion. Une dépossession. Les disciples de Hassan El-Banna et leurs réseaux ont semé la désolation. En accaparant la parole divine, ils sont parvenus à remodeler le système de pensée dans l’univers musulman. Travaillant la société au corps, ils ont pris le pouvoir par en bas. Ils fixent les règles, dictent les mœurs et imposent une conception éculée du monde. Au final, ils imposent aux régimes politiques le cadre idéologique et culturel à adopter. Le résultat de cette entreprise de manipulation des masses a été un désastre à l’échelle industrielle. Dans certains cas, cela a conduit à des situations de violence extrême. L’Algérie a été un des pires laboratoires de cette expérience traumatisante. 

La leçon ne semble pas avoir été tirée. La victoire militaire sur les groupes extrémistes armés n’a pas été accompagnée par un triomphe sur cette idéologie totalitaire. L’islamisme politique n’a reculé qu’au profit d’un islamisme social encore plus pernicieux. Par manque d’audace et de courage intellectuel, les élites ont abandonné la bataille des idées, livrant ainsi la société au diable extrémiste qui s’en est bien occupé. Au point que la moindre critique fait paniquer l’ordre social établi. 

À contre-courant de cette religiosité sclérosante, le livre de Kahina Bahloul ouvre une nouvelle voie, celle de l’ouverture et de la fraternité universelle. Il prône un islam apaisé inséré dans la pensée moderne. Elle s’oppose radicalement aux courants wahhabites qui ont figé le monde musulman dans un passé archaïsant. Kahina Bahloul a le mérite de porter sa plume et sa pensée dans la plaie béante ouverte par la violence - physique et symbolique - des fondamentalistes. Elle ose remettre au cœur du débat les questions de la femme, de la liberté, du voile et de l’altérité. Pour elle, le salut passe par la sécularisation des sociétés musulmanes. C’est une femme imame qui le dit ! 

  • Editorial Un air de "LIBERTÉ" s’en va

    Aujourd’hui, vous avez entre les mains le numéro 9050 de votre quotidien Liberté. C’est, malheureusement, le dernier. Après trente ans, Liberté disparaît du paysage médiatique algérien. Des milliers de foyers en seront privés, ainsi que les institutions dont les responsables avouent commencer la lecture par notre titre pour une simple raison ; c’est qu’il est différent des autres.

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    Abrous OUTOUDERT Publié 14 Avril 2022 à 12:00

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