L’Algérie profonde Bus urbains et suburbains à Oran

La flotte de transport public décimée par les pannes

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Arezki M. Publié 25 Mars 2022 à 20:13

Le secteur des transports des voyageurs est monopolisé par les opérateurs privés qui imposent leur diktat. © D.R
Le secteur des transports des voyageurs est monopolisé par les opérateurs privés qui imposent leur diktat. © D.R

Dès les premières années de sa création, l’ETO faisait face à des difficultés financières majeures, notamment à cause du problème qui se posait pour l’amortissement des coûts des investissements initiaux, dont l’achat des bus a coûté 125 milliards de centimes.

La flotte vieillissante de l’Entreprise des transports d’Oran (ETO) est décimée par les pannes mécaniques et les nombreux incendies qui ont ravagé plusieurs bus desservant des lignes urbaines et suburbaines. Sur un parc vieillissant d’une cinquantaine de bus, seuls 9 continuent de sillonner les routes du groupement urbain d’Oran, alors que le reste est désormais hors service. Les usagers des transports urbain et suburbain regrettent que les bus de cette société soient de plus en plus rares. 

Le secteur des transports des voyageurs est aujourd’hui quasiment monopolisé par les opérateurs privés qui imposent leur diktat. La société publique ETO ne dispose pas des moyens financiers nécessaires pour renouveler son parc vieillissant constitué essentiellement de bus mis en service en 2004, ni pour faire face aux pannes mécaniques. L’ETO n’est plus rentable depuis une dizaine d’années. Elle ne survit que sous perfusion de subventions étatiques. Cependant, les subventions annuelles accordées par la wilaya à ces sociétés publiques ne peuvent plus couvrir les charges de gestion. Cette entreprise se débat actuellement dans une débâcle financière sans précédent. Entre les difficultés financières, l’anéantissement de son parc roulant et les revendications socioprofessionnelles de ses travailleurs, la direction de cette entreprise publique ne sait plus par où commencer ni comment renflouer les caisses vides. 

Le projet d’acquisition d’une cinquantaine de bus de la prestigieuse marque Mercedes annoncé en grande pompe en 2015 n’a jamais vu le jour. L’entretien du parc roulant de cette entreprise publique cause des tracas à la direction : la société a des besoins urgents pour l’acquisition des pièces de rechange et de pneus pour la maintenance de ses bus du Belge Van Hool, principal fournisseur des sociétés publiques du transport en commun (Etusa à Alger et ETO à Oran). Il faut dire que les difficultés financières de cette société publique ne datent pas d’hier. Dès les premières années de sa création, l’ETO faisait face à des difficultés financières majeures, notamment à cause du problème qui se posait pour l’amortissement des coûts des investissements initiaux, dont seul l’achat des bus a coûté 125 milliards de centimes. 

Le rythme avec lequel l’ETO remboursait ses dettes des achats d’équipements, qui sont de l’ordre de 12,5 milliards de centimes annuellement, mettait en danger l’équilibre financier de la société. Les subventions que débloque annuellement la tutelle au profit de l’ETO étaient insuffisantes, ce qui avait contraint les autorités locales à consacrer des subventions supplémentaires. Face à cette situation, des députés de la wilaya avaient saisi récemment le ministère des Transports pour renforcer le parc roulant de cette entreprise publique avec de nouveaux bus. L’ex-ministre des Transports, démis récemment de ses fonctions, s’était engagé personnellement à affecter à ETO 80 bus saisis auprès de l’homme d’affaires, Mahieddine Tahkout. Après le limogeage soudain de l’ex-ministre, ces promesses semblent être tombées à l’eau. La direction des Transports de la wilaya d’Oran, qui vient d’être de nouveau saisie par des élus du peuple, a soutenu que ce projet de renforcement du parc roulant est maintenu, mais sans avancer de date précise pour l’affectation des nouveaux bus. En attendant, le secteur des transports dans le groupement urbain d’Oran s’enlise dans l’anarchie totale. 

Les transporteurs privés ne font qu’à leurs têtes et les usagers sont trimbalés comme des moutons dans des bus sales et rouillés. Les contrôles inopinés menés, il y a quelques semaines, par la commission de la santé, de l’hygiène et de l’environnement de la commune d’Oran sur les bus de transport en commun avaient été sanctionnés par la verbalisation d’une vingtaine de transporteurs privés pour diverses infractions, en particulier l’absence d’hygiène, le non-respect des mesures de prévention contre la Covid-19, la vétusté des bus, l’irrespect des itinéraires et les mauvais comportements envers les usagers. 

 


Arezki M.

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