L’International Tension persistante en Libye

Désescalade après une mobilisation des groupes armés

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Djilali BENYOUB Publié 11 Mars 2022 à 19:45

Des membres de l’ALN, commandés par Khalifa Haftar, tentent d’avancer sur Tripoli. © D.R
Des membres de l’ALN, commandés par Khalifa Haftar, tentent d’avancer sur Tripoli. © D.R

Après quelques jours de tensions, retour à la normale en Libye avec, en prime, une désescalade. Les groupes armés installés aux portes de Tripoli et soutenant le nouveau Premier ministre se sont enfin retirés.

Le retrait des groupes armés qui soutiennent Fathi Bashagha, désigné par le Parlement Premier ministre de la Libye, est une réponse, selon le successeur d’Abdelhamid Dbeibah, à l’appel au calme de l’ONU et de Washington. Ce propos, tenu hier par Bashagha, sonne comme un avertissement au premier ministre sortant qui ne veut toujours pas céder le pouvoir. Mais aussi un clin d’œil à la légalité internationale dont il attend un franc soutien. Mais le statu quo actuel risque de renvoyer encore une fois le pays à sa situation politique de 2014 et 2021 avec des tensions sécuritaires. Avec la désignation par le Parlement de Fethi Bashagha comme Premier ministre en face d’un Dbeibah qui persiste à vouloir se maintenir au pouvoir jusqu’à l’élection d’un Parlement qui désignera son remplaçant, la Libye se retrouve avec deux gouvernements entachés d’un certain degré d’illégitimité.

Un gouvernement formé par l'ancien ministre de l'Intérieur Fathi Bashagha, approuvé par le Parlement siégeant dans l'Est, est en effet en concurrence avec le cabinet en place dans la capitale, Tripoli, issu des accords politiques parrainés par l'ONU et dirigé par Abdelhamid Dbeibah, qui refuse de céder le pouvoir. Des groupes armés loyaux à Fathi Bashagha s'étaient mobilisés, jeudi, aux entrées de Tripoli, faisant craindre des affrontements avec les forces sous les ordres de Dbeibah, alors que le pays tente de s'extirper de plus d'une décennie de chaos politique et de conflits. Soucieux de prévenir une reprise des hostilités et l'effondrement d'un cessez-le-feu en place depuis octobre 2020, l'émissaire du secrétaire général de l'ONU pour la Libye, Stephanie Williams, et l'ambassadeur des États-Unis, Richard Norland, ont appelé, jeudi soir, à la retenue. Appel auquel a répondu favorablement Fathi Bashagha. Il se place ainsi dans la position de celui qui ne veut aucunement faire revenir le spectre des affrontements interlibyens. 

“Les groupes armés ont préféré ne pas recourir aux armes et ont effectué un retrait vers leurs précédentes positions”, a annoncé le service de presse de M. Bashagha dans un communiqué diffusé dans la nuit de jeudi à vendredi. Selon le texte, “cette décision a été prise pour éviter toute effusion de sang et en réponse aux demandes de nos partenaires internationaux et régionaux”. M. Norland a indiqué jeudi soir avoir eu des entretiens téléphoniques avec MM. Bashagha et Dbeibah. “J'ai parlé ce soir avec le Premier ministre désigné par le Parlement, Fathi Bashagha, et je l'ai félicité pour sa volonté de désamorcer les tensions et de chercher à résoudre les désaccords politiques actuels par la négociation et non pas par la force”, a-t-il tweeté. Il a aussi dit avoir “apprécié l'engagement dont lui fait part M. Dbeibah à protéger les vies et sa volonté d'entamer des négociations pour trouver une solution politique”. 

Décrypté, cet engagement de Dbeibah peut bien être synonyme de sa disposition à lâcher du lest. Il ne serait pas davantage disposé, pour l’instant, à s’aventurer dans un accord qui le dépouillerait de son pouvoir.

 


D. B./Afp

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