L’Actualité

La rupture douloureuse !

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Kamal OUHNIA Publié 14 Avril 2022 à 12:00

C’était dans le feu des événements du printemps noir de Kabylie, que j’avais rejoint l’équipe de Liberté, en 2001, après ma première expérience journalistique de quatre années au sein du défunt quotidien Le Matin, un autre journal de référence qui a cessé de paraître depuis juillet 2004. Jeune et fougueux, j’avais entamé ma carrière de journaliste à Liberté, le 1er novembre 2001, engagé pour une période d’essai de trois mois.
Compte tenu de l’importance des événements de Kabylie qui occupaient à l’époque le devant de l’actualité nationale, on m’avait recruté pour épauler le chef de bureau d’alors, Lahcène Oubira, qui avait soumis ma demande de candidature à la direction du journal.
Je me souviens parfaitement de mon premier jour à Liberté. C’était un vendredi, j’avais assuré tout seul la permanence à notre ancien bureau régional de Béjaïa, situé à la cité Tobbal (derrière le palais de justice). Je signai alors mon premier papier qui traitait des dégâts occasionnés par les inondations enregistrées durant le premier week-end du mois de novembre 2001. J’avoue que malgré la bonne volonté et la motivation qui m’animaient dès le début, j’ai eu à exercer le métier dans des conditions plus ou moins difficiles durant les premières années, où j’étais appelé à sillonner les quatre coins de la région de Béjaïa pour assurer la couverture des activités organisées par le mouvement citoyen dit les Ârchs de Kabylie.
Outre les actions de rue (marches, rassemblements, grèves, meetings…), je couvrais aussi la quasi-totalité des réunions marathon, appelées “conclaves”, qu’organisaient en nocturne les deux structures des Ârchs, à savoir la Coordination intercommunale de Béjaïa (CICB) et celle de l’interwilayas. Des missions qui m’obligeaient à faire des déplacements fréquents avec mes propres moyens et à passer des nuits blanches pour assister à de longs débats parfois houleux.
En 2004, lorsque l’unité des Ârchs s’est fissurée après l’apparition de profondes divergences entre les partisans et les opposants à l’offre de dialogue du gouvernement Ouyahia, certains délégués de ce mouvement citoyen n’ont pas hésité à s’en prendre à notre journal et à proférer des menaces à mon encontre, et ce, en réaction à quelques articles critiquant leur démarche.
Un autre souvenir marquant, mon départ volontaire à Sétif, en 2008, pour remplacer temporairement notre ancien chef de bureau local, le défunt journaliste Farid Benabid, qui était cloué au lit après un accident vasculaire cérébral (AVC). Sur proposition du chef de rubrique régionale d’alors, Hanafi Hattou, je me suis déplacé dans la capitale des Hauts-Plateaux pour assurer la couverture médiatique des événements et manifestations majeurs. Là aussi, je me suis débrouillé tout seul pour trouver un hébergement, ainsi que des sources d’information pertinentes.
Cela étant dit, en dépit de toutes les embûches et contraintes rencontrées sur le terrain, j’ai continué à exercer dignement ce noble métier qui ne constituait pas uniquement mon gagne-pain, mais un combat pour les causes justes et les libertés démocratiques. Quant au journal Liberté, avec lequel je suis intimement lié depuis plus de deux décennies, il m’a permis de me forger une crédibilité, découvrir les différentes facettes du métier de journaliste, faire connaissance de plusieurs professionnels des médias, dont de talentueux journalistes et d’excellents techniciens… Plus qu’un organisme employeur, Liberté aura été pour moi une école de formation, un espace de débats et d’échange d’idées, un canal de communication et de l’expression libre…, enfin, une deuxième famille !
Aujourd’hui, il est très difficile d’assister, impuissant, à la mort prématurée de notre Liberté. La rupture sera très douloureuse, hélas !
Adieu mon Liberté !

  • Editorial Un air de "LIBERTÉ" s’en va

    Aujourd’hui, vous avez entre les mains le numéro 9050 de votre quotidien Liberté. C’est, malheureusement, le dernier. Après trente ans, Liberté disparaît du paysage médiatique algérien. Des milliers de foyers en seront privés, ainsi que les institutions dont les responsables avouent commencer la lecture par notre titre pour une simple raison ; c’est qu’il est différent des autres.

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    Abrous OUTOUDERT Publié 14 Avril 2022 à 12:00

  • Chroniques DROIT DE REGARD Trajectoire d’un chroniqueur en… Liberté

    Pour cette édition de clôture, il m’a été demandé de revenir sur ma carrière de chroniqueur dans ce quotidien.

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    Mustapha HAMMOUCHE Publié 14 Avril 2022 à 12:00

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