Éditorial

“Liberté”, j’écrirai ton nom !

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Farid BELGACEM Publié 07 Avril 2022 à 12:00

Le quotidien d’information Liberté, le vôtre, disparaîtra dans moins de dix jours du paysage médiatique national. La décision brutale qu’a prise, il y a quelques jours, son propriétaire, Issad Rebrab, a été entérinée hier par l’assemblée générale extraordinaire. Un véritable cataclysme médiatique que nul n’a vu venir après trente ans d’existence, de lutte et de résistance. Aucun courant politique, radical soit-il, n’a réussi à mettre à genoux Liberté, y compris durant les années de braise, où ce quotidien a livré les pires batailles à ceux qui œuvraient à mettre l’Algérie à feu et à sang.

Œuvre de la deuxième génération de la presse postindépendance, soit la première après Octobre 1988, Liberté est “effacé” du revers de la main de la place publique. Dramatique. Car, dans quelques jours seulement, les vendeurs de journaux, les lecteurs, les annonceurs, mais aussi les institutions de la République seront orphelins d’un journal qui s’est imposé comme une référence à tous points de vue. Ceux qui l’ont porté depuis juin 1992, date de sa création, sont choqués par cette décision aussi incompréhensible que déroutante. Dans l’absolu, les entreprises naissent et meurent. Elles cèdent aux pathologies gangrénantes qui siphonnent la trésorerie et/ou à des conjonctures financières et économiques exceptionnelles.

Mais la maison Liberté n’est pas si fragile pour tomber malade, encore moins pauvre pour baisser le rideau aussi brusquement. La dissolution anticipée de Liberté dépasse tout entendement et nous rappelle, si besoin est, le manque de discernement et de sagesse quant aux conséquences post-traumatiques que cela pourrait provoquer, à long terme, sur la scène médiatique et que, pour le moment, la main qui a signé son acte de décès ne mesure pas. Les réactions, les appels et les soutiens affichés par des femmes et des hommes pour la sauvegarde de Liberté n’ont pas dissuadé le capitaine d’industrie à liquider l’un des fleurons de la presse nationale, continentale et internationale. La génération qui l’a porté depuis sa naissance n’aura pas droit à cette ambition de léguer un titre honorifique et son histoire. Surtout son histoire. Car, au-delà de la façon avec laquelle chacun de nous fera son deuil pour réaliser sa mort, l’histoire de Liberté s’écrira un jour… ■

  • Editorial Un air de "LIBERTÉ" s’en va

    Aujourd’hui, vous avez entre les mains le numéro 9050 de votre quotidien Liberté. C’est, malheureusement, le dernier. Après trente ans, Liberté disparaît du paysage médiatique algérien. Des milliers de foyers en seront privés, ainsi que les institutions dont les responsables avouent commencer la lecture par notre titre pour une simple raison ; c’est qu’il est différent des autres.

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    Abrous OUTOUDERT Publié 14 Avril 2022 à 12:00

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