Éditorial

Nécessaire refondation

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Karim KEBIR Publié 12 Décembre 2021 à 10:31

Rien ne symbolise sans doute l’état de ce qui nous tient de ce qui est appelé abusivement classe politique, que les résultats rachitiques des dernières élections locales. Tout comme lors des législatives, les partis ayant participé à ces joutes électorales ont pu constater et mesurer l’étendue de l’amenuisement de leur gisement électoral. Pour ceux qui n’ont pas participé, il est probablement encore prématuré d’évaluer leur représentativité. Il est vrai que le climat de glaciation politique, sur fond de pandémie et de défiance de la population désabusée par l’absence de perspectives, ne permet pas une compétition politique à même de jauger l’ancrage et les capacités de mobilisation des uns et des autres. Mais cela ne peut occulter une réalité plus profonde : l’incapacité des partis politiques, autant dans leur structuration que dans leur évolution, à avoir une emprise sur l’opinion, à s’adapter aux mutations qui se sont opérées dans la société et encore moins à l’encadrer et à l’orienter. La faute au pouvoir réfractaire à toute ouverture et à toute opposition, incapable de concevoir une organisation autonome ? Déficit en culture démocratique ? Ou difficulté dans le renouvellement du discours et du personnel ? Il y a certainement un peu des trois. Nés pour la plupart dans la foulée de l’ouverture démocratique à la fin des années 80, la plupart des partis ont dû pour chacun d’eux, par contrainte ou par calcul et en fonction de l’évolution politique, adapter leur stratégie aux règles du jeu imposées par le pouvoir.

Si l’on exclut ceux qui étaient amenés, de gré ou de force, à soutenir le régime, quelle que soit la saison, le reste, particulièrement l’opposition, s’est retrouvé face une situation délicate : comment imprimer le changement dans un climat de fermeture et au milieu d’une large part de l’opinion aguichée par la rente ? C’est ainsi que beaucoup de partis se sont retrouvés, malgré eux, à participer à des échéances dont tous savaient qu’elles n’avaient pas vocation à provoquer le changement espéré ou, du moins, dans le sens souhaité. Il aura fallu attendre l’émergence du Hirak pour voir s’opérer une véritable décantation, mais avec un héritage pas toujours facile à soutenir devant l’opinion : avoir participé, d’une façon ou d’une autre, au jeu imposé par un pouvoir dont l’objectif était de les discréditer. 

Si certains ont pu sauvegarder quelques maigres marges de crédibilité, en raison de leur position, d’autres, en revanche, les crises internes et les ambitions aidant, sont complètement discrédités. Signe de leur dépassement : leur incapacité à donner un prolongement politique à la formidable dynamique de février. Plus qu’impérative, leur refondation sur la base de nouveaux paradigmes, est une question de salubrité pour le devenir démocratique du pays. 

  • Editorial Un air de "LIBERTÉ" s’en va

    Aujourd’hui, vous avez entre les mains le numéro 9050 de votre quotidien Liberté. C’est, malheureusement, le dernier. Après trente ans, Liberté disparaît du paysage médiatique algérien. Des milliers de foyers en seront privés, ainsi que les institutions dont les responsables avouent commencer la lecture par notre titre pour une simple raison ; c’est qu’il est différent des autres.

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    Abrous OUTOUDERT Publié 14 Avril 2022 à 12:00

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