L’Algérie profonde BOUHAMZA (BÉJAÏA)

Le courrier mal distribué

  • Placeholder

SYPHAX M. Publié 06 Avril 2022 à 12:00

Bureau de poste dans la commune de Bouhamza. © D. R.
Bureau de poste dans la commune de Bouhamza. © D. R.

Les habitants des localités excentrées, comme Tansaout, Tachouaft et Toudder sont encore plus à plaindre, relève-t-on. Ils doivent s’astreindre à de longues pérégrinations à travers des sentiers incertains, traversant cols et vallons, pour un hypothétique courrier.

L’image du facteur arpentant les rues et venelles des villages, le sac de courrier en bandoulière, est-elle à jamais révolue ? À bien y regarder, on serait tenté de répondre par l’affirmative. En tout cas, dans bien des localités de l’arrière-pays, cela fait déjà belle lurette que ce fonctionnaire d’Algérie Poste ne s’y rend plus. “

Plus qu’un trait d’union entre l’administration et le citoyen et entre deux personnes séparées par la distance, le facteur était un confident avec lequel on avait développé une franche camaraderie et tissé des relations d’amitié très sincères. Tout cela fait partie du passé.

Les pauvres laissés-pour-compte que nous sommes, sommes tenus de faire le déplacement jusqu’à l’agence postale du chef-lieu de la commune pour chercher notre courrier”, se rappelle, avec une pointe de nostalgie mêlée d’amertume, un retraité de la commune de Bouhamza, dans la wilaya de Béjaïa.

Dans cette circonscription déshéritée, lovée dans un massif montagneux sur la rive droite de l’oued Soummam, où le problème de distribution du courrier postal se pose avec acuité. “En dehors de l’agglomération du chef-lieu communal et des quartiers situés dans le prolongement de ce centre urbain, il n’y a point de courrier distribué.

Partout ailleurs, c’est le royaume de la débrouille. Bien souvent, les plis postaux n’arrivent jamais à bon port”, se lamente un citoyen de Bouhamza, indiquant que le village de Mahfouda, doté d’un bureau de poste sommaire, fait figure d’exception qui confirme la règle. “Les gens qui attendent un courrier important doivent faire plusieurs aller-retour entre leur village et le centre de Bouhamza pour espérer le récupérer.

Inutile de préciser qu’il faut être un sacré veinard pour se présenter au guichet au moment opportun.  Sinon, vous devez vous résoudre à rentrer bredouille pour rappliquer un autre jour”, se plaint un père de famille du village d’Ifigha, sur les hauteurs de Bouhamza.

Les habitants des localités excentrées, comme Tansaout, Tachouaft et Toudder, sont encore plus à plaindre, relève-t-on. Ils doivent s’astreindre à de longues pérégrinations à travers des sentiers incertains, traversant cols et vallons, pour récupérer un hypothétique courrier.

“Il y a quelques années de cela, j’avais fait d’incessants va-et-vient entre mon village et la poste pour intercepter à temps une convocation pour un examen professionnel.  À chaque fois, le préposé au guichet me répondait par la négative. Au final, je n’ai reçu la fameuse missive que quelques jours après la date prévue pour le rendez-vous”, témoigne, révulsé, un jeune trentenaire du village Tachouaft.

Selon notre interlocuteur, son cas est loin d’être unique. Les lettres égarées ou arrivant en retard à leurs destinataires sont monnaie courante. Les plis froissés, déchirés ou éventrés sont aussi légion, déplore-t-on.  “Quand le courrier est jugé important par l’administration postale, un avis d’arrivée est adressé au concerné, lequel avis n’arrive jamais à l’intéressé. Souvent, il passe d’une main à l’autre. Si, par malheur, le courrier tombe entre les mains d’une personne malveillante, il n’a aucune chance de parvenir à son destinataire final”, fulmine un citoyen d’Ifigha.

Un groupe de villageois de Bouhamza se désole qu’Algérie-Poste n’ait jamais daigné donner suite à leurs doléances, tendant à rétablir la distribution du courrier, en réaffectant des facteurs, comme par le passé. “C’est comme si l’on prêchait dans le désert. Nos demandes ont été tout bonnement ignorées”, vitupère un habitant de Tansaout.

SYPHAX M.

  • Editorial Un air de "LIBERTÉ" s’en va

    Aujourd’hui, vous avez entre les mains le numéro 9050 de votre quotidien Liberté. C’est, malheureusement, le dernier. Après trente ans, Liberté disparaît du paysage médiatique algérien. Des milliers de foyers en seront privés, ainsi que les institutions dont les responsables avouent commencer la lecture par notre titre pour une simple raison ; c’est qu’il est différent des autres.

    • Placeholder

    Abrous OUTOUDERT Publié 14 Avril 2022 à 12:00

  • Chroniques DROIT DE REGARD Trajectoire d’un chroniqueur en… Liberté

    Pour cette édition de clôture, il m’a été demandé de revenir sur ma carrière de chroniqueur dans ce quotidien.

    • Placeholder

    Mustapha HAMMOUCHE Publié 14 Avril 2022 à 12:00

Les plus lus

(*) Période 360 derniers jours

  1. CNR Revalorisation des pensions de retraite

  2. Déclaration d’Issad Rebrab

  3. Louisa Hanoune adresse une lettre ouverte à Issad Rebrab au sujet de Liberté Ne brisez pas cet espoir 

  4. Le sud pleure son porte-voix

  5. FAUTE DE COUFFIN FAMILIAL Voilà de quoi se nourrit Khalida Toumi en prison

  6. MARCHÉ OFFICIEL DES CHANGES Le dinar poursuit sa chute