L’Algérie profonde CHELLATA (BÉJAÏA)

Les écoles se vident dans les zones rurales

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SYPHAX M. Publié 18 Mars 2022 à 15:56

Des écoles primaires sont à deux doigts de fermer, faute d’élèves. © D. R.
Des écoles primaires sont à deux doigts de fermer, faute d’élèves. © D. R.

Cette  fluctuation  baissière, que  bien  des  observateurs  avertis imputent au mouvement  de  l’exode  rural  et  à  une  baisse  des natalités,   a  conduit   la  tutelle   de   l’éducation   à  opérer   des dégraissements successifs des staffs pédagogiques et du personnel de service.

La population scolaire des écoles primaires de la commune de Chellata, une dizaine d’établissements, a amorcé  un  déclin  progressif  depuis plusieurs décennies. Enseignants et chefs d’établissement officiant dans cette petite circonscription rurale sont unanimes pour attester que toutes les écoles sont, peu ou prou, en proie à une baisse de leurs effectifs d’élèves.

“C’est une tendance lourde, qui se confirme d’année en année. Nous le constatons à chaque fin d’année scolaire, à l’heure de l’établissement de l’effectif prévisionnel pour la rentrée scolaire suivante”, révèle le directeur d’une école primaire, située à quelques encablures en amont du chef-lieu de commune.

“En l’espace de deux décennies, nous avons perdu plus de la moitié des effectifs de nos apprenants. Les contingents d’élèves qui arrivent en fin de cycle sont plus nombreux que ceux des potaches inscrits en préscolaire ou en première année primaire. Plus grave, le différentiel se fait chaque année plus large que l’année précédente”, souligne-t-il.

Exerçant depuis plus de dix ans dans une petite école d’un village reclus et excentré, un instituteur atteste d’une baisse tout aussi significative du nombre d’enfants scolarisés et ce, en un temps relativement court.

“Il y a moins de 5 ans, on totalisait un effectif de plus de 80 élèves. Pour la présente année scolaire, on compte, en tout et pour tout, 38 élèves, tous niveaux et cycles confondus. Les divisions pédagogiques dépassent rarement 10 individus”, témoigne-t-il.

Cette fluctuation baissière, que bien des observateurs avertis imputent au mouvement de l’exode rural et à une baisse des natalités, a conduit la tutelle de l’éducation à opérer des dégraissements successifs des staffs pédagogiques et du personnel de service, informe-t-on.

“Les effectifs des enseignants a emprunté la même courbe descendante que ceux des élèves. Résultat des courses : certains instituteurs sont contraints de recourir au jumelage des classes, tandis que d’autres éducateurs sont affectés sur des postes bilingues, sans aucune formation de base”, rapporte un éducateur de la région, aujourd’hui à la retraite.

Un parent d’élève du village Ath Anane dit craindre pour l’avenir de leur établissement primaire qui reçoit les enfants issus de trois villages, à savoir Ath Anane, Ath Mkedem et Ath Hiani, et qui ne compte qu’un effectif de près de 50 élèves.

“Si, par malheur, notre école venait à mettre la clé sous la porte, nos potaches seraient condamnés à rester à la maison, car toutes les autres écoles de notre commune sont éloignées de nos villages”, s’inquiète-t-il. 

Contacté par nos soins, un responsable de la direction de l’éducation de Béjaïa fait entendre un autre son de cloche. S’il convient du déclin des effectifs scolaires, il n’en minimise pas moins l’ampleur.

“Les effectifs scolaires évoluent en dents de scie, avec des hauts et des bas. Cette tendance n’est pas propre à la commune de Chellata, dans laquelle des écoles fermées durant de longues années ont pu rouvrir, comme celle du village Ath Sidi Amar. Le primaire du village Tala Mellal était aussi à deux doigts de fermer, faute d’élèves. Désormais, il compte 16 élèves, répartis en deux groupes pédagogiques”, soutient notre interlocuteur.
 

SYPHAX M.

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