L’Algérie profonde IGHRAM (BÉJAÏA)

Les villages face à un désert médical

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SYPHAX M. Publié 10 Avril 2022 à 12:00

Des citoyens d’Ighram ont signalé des carences en personnel et en moyens matériels au centre de santé. © D. R.
Des citoyens d’Ighram ont signalé des carences en personnel et en moyens matériels au centre de santé. © D. R.

En guise d’entités sanitaires, les citoyens énumèrent un centre de santé en trompe-l’œil et de rares unités périphériques qui ne sont que l’ombre d’elles-mêmes. Des assertions corroborées par les déclarations de Madjid Hamidouche, le président de l’APC d’Ighram.

La commune d’Ighram (daïra d’Akbou) compte parmi les circonscriptions de la wilaya de Béjaïa les plus mal loties en matière d’infrastructures sanitaires, équipements médicaux et personnels soignants. “La santé dans nos contrées déshéritées est malade, comme le sont les autres secteurs, tels que l’éducation et l’hydraulique”, ironise un habitant du village d’Irsen, rencontré au chef-lieu communal.

“Nous sommes considérés comme des citoyens de seconde zone. On ne se rappelle de notre existence qu’à l’occasion des campagnes électorales, au cours desquelles on nous promet monts et merveilles. Passés les scrutins, on retombe dans l’oubli”, dénonce un autre villageois de Tazaghart.

En guise d’entités sanitaires, les citoyens avec lesquels nous nous sommes entretenu, énumèrent un centre de santé en trompe-l’œil et de rares unités périphériques, qui ne sont que l’ombre d’elles-mêmes. Des assertions du reste corroborées par les déclarations de Madjid Hamidouche, le maire d’Ighram.

“C’est un appartement exigu, au rez-de-chaussée d’un immeuble d’habitation, qui fait office de centre de santé. Il a été aménagé à la hâte, voila plusieurs décennies. Depuis, il est resté en l’état, sans aucune extension de l’infrastructure ni installation de nouveaux services médicaux”, relève l’édile communal. “Les salles de soins sont au nombre de trois, situées dans les villages d’Ighil, Taslent et Tighilt Makhlouf.

Les prestations qu’elles dispensent sont réduites aux soins infirmiers. Un autre structure similaire, sise au village Tizi Maâli, est fermée depuis longtemps faut de personnel. Son éventuelle réouverture nécessite des travaux de réhabilitation préalables”, explique le premier magistrat de la commune.

Le président de l’APC a par ailleurs annoncé l’ébauche d’un projet de polyclinique au centre urbain du chef-lieu de la commune. “Le projet en est à sa phase des terrassements. Sa réalisation sera entièrement prise en charge par un industriel de la région”, a-t-il informé.

Des citoyens de la commune d’Ighram ont signalé des carences en personnel et en moyens matériels au niveau du centre de santé. Une situation qui perdure et entrave, selon eux, le bon fonctionnement de la structure et déteint sur la qualité de prestations offertes aux usagers de la santé. “Le service de stomatologie est, bien souvent, à court d’anesthésiant pour les soins dentaires. Le plateau technique est inexistant, de même que la radiologie qui relève de l’utopie”, soutient un commerçant.

“La plupart de nos malades atterrissent immanquablement aux urgences de l’hôpital d’Akbou ou se rabattent chez le privé, à chaque fois qu’ils ont besoin d’un bilan biologique ou d’un examen radiologique”, atteste un citoyen du village Taslent.

Le sort des villages excentrés, tels Tazaghart et Ath Amar Ouzegane, est encore moins enviable, se désole-on. “Nous sommes confrontés à véritable désert médical. Nous n’avons même pas accès aux soins de base, comme les pansements et les injections. Le moindre petit bobo nous oblige à rallier le centre de santé d’Ighram ou à gagner la ville d’Abou, distante d’une quinzaine de kilomètres”, peste un habitant d’Ath Amar Ouzegane.

SYPHAX M.

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