L’Algérie profonde AMALOU (BÉJAÏA)

Quand le cadastre hypothèque le développement

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SYPHAX M. Publié 03 Avril 2022 à 12:00

© D. R.
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Sensée donner un nouveau souffle au développement local, l’opération de régularisation du foncier dans la commune d’Amalou, s’est curieusement posée en facteur de blocage. Et pour cause. “Près du tiers du foncier cadastré porte la mention ‘inconnu’”, se désole Haddad Fouad, le premier magistrat de la commune, qui interpelle la wilaya pour rectifier le tir.

“Le wali doit intervenir pour mettre sur pied une opération de cadastre spéciale, à l’effet de corriger les lacunes de l’opération précédente, laquelle a généré une situation d’anarchie fortement préjudiciable”, recommande-t-il.

Pour le président de l’APC, l’état actuel du cadastre est une pierre d’achoppement qui décourage toute velléité de développement et tue dans l’œuf toute initiative d’investissement. “L’accès au foncier, qu’il soit public ou privé, est un préalable pour enclencher toute dynamique de développement. Il est impératif de lever toutes ces entraves qui nous empêchent d’avancer”, insiste M. Haddad.

Attendue avec impatience par les propriétaires terriens de la commune d’Amalou, l’issue de cette opération du cadastre leur a réservé bien des désenchantements.

“Mon frère aîné figure sur les plans comme étant l’unique propriétaire d’une parcelle de terrain indivise, que toute la famille exploite de génération en génération”, s’insurge un quadragénaire du village Ighil Ntala. “Toutes les démarches entreprises auprès de la conservation foncière et du service du cadastre, pour nous réhabiliter dans nos droits n’ont rien donné”, déplore-t-il.

Bien des fratries exploitant des biens communs hérités par dévolution successorale confient buter sur des problèmes similaires. “Dans les villages d’Ath Djaad, Tadart Ouada, Tighermine et ailleurs, je connais des propriétaires terriens dont les noms ne figurent plus sur les livrets fonciers. Du jour au lendemain, ils se sont retrouvés injustement évincés d’un patrimoine immobilier hérité de leurs lointaisnancetres”, soutient un citoyen d’Amalou.

Outre les innombrables parcelles déclarées “inconnues”, et les omissions tout aussi nombreuses, les anomalies qui grèvent l’opération du cadastre portent aussi sur les renoms des propriétaires, apprend-on.

“En lieu et place des prénoms officiels inscrits sur l’état civil, les documents du cadastre mentionnent des prénoms fantaisistes, des surnoms probablement, qui n’ont aucune existence légale. En réponse à leurs protestations, les propriétaires des parcelles concernées ont été invités à s’en remettre à la justice pour faire valoir leurs droits”, s’offusque un villageois d’Ighil Iguenni, qui a la certitude chevillée que cette opération est tout bonnement bâclée.

“À ma connaissance, aucun avis de passage n’est adressée aux propriétaires pour les informer préalablement de l’opération de bornage et de délimitation de leurs terrains. À la fin, on feint s’étonner qu’il y ait un nombre si élevé d’irrégularités”, récuse-t-il.

Désemparés, des citoyens d’Amalou demandent aux pouvoirs publics de lever cette hypothèque pour sortir de l’impasse. “Comme moi, beaucoup de propriétaires se sont retrouvés déshérités. On ne peut même plus prétendre à un certificat de possession pour construire une habitation ou réaliser un quelconque investissement”, dit, dépité, un habitant de Tizi Lemnaâ.

S. M.

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