Sports CRISE DE LA FAF

Le bureau fédéral divisé

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Samir LAMARI Publié 12 Avril 2022 à 12:00

© D. R.
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Le bureau fédéral de la FAF se retrouve divisé. D’un côté, les pro-Amara, à savoir Oukali, Benhamza, Laghouati, Medane et Touil et, d’un autre côté, les opposants : Bahloul, Gasmi, Maouche, Mansouri, Aïssaoui et Oumamar. Soit 6 contre 6. Une réunion du bureau fédéral est convoquée pour le 17 avril.

“Le bureau fédéral (BF) de la Fédération algérienne de football (FAF) tiendra, sous la présidence de M. Amara Charaf-Eddine, sa réunion mensuelle statutaire dans la soirée du dimanche 17 avril 2022. Plusieurs points sont à l’ordre du jour de cette réunion parmi les plus importants l’organisation de l’Assemblée générale ordinaire (AGO) ainsi que la préparation de l’AG élective (AGE)”, annonce un communiqué de la FAF publié sur son site officiel. Seconde décision : Charaf-Eddine Amara a suspendu deux membres du bureau fédéral.

“M. Charaf-Eddine Amara, en vertu des prérogatives qui lui sont conférées, notamment l’article 39.2 des statuts de la Fédération, a signé, aujourd’hui 10 avril 2022, des décisions portant suspension provisoire de deux membres du bureau fédéral, en l’occurrence messieurs Mouldi Aïssaoui et Amar Bahloul.

La suspension provisoire des deux membres, au titre des mesures strictement conservatoires, concerne toutes leurs fonctions au sein du BF de la FAF et a pour suite directe et naturelle, dès sa prise d’effet, d’interdire l’exercice de toute activité liée directement ou indirectement à la fonction de membre du BF. Ladite suspension provisoire a également pour conséquence d’interdire toute déclaration sur quelconque question concernant le fonctionnement et les décisions, passées ou à venir, de la FAF.”

Il est, par ailleurs, précisé dans le rendu de la décision que la suspension “vaut jusqu’à la décision qui sera rendue par l’organe juridictionnel compétent”. Du coup, une question s’impose : un président démissionnaire peut-il raisonnablement et déontologiquement suspendre un membre du bureau fédéral ? Certes, l’article 16 des statuts de la FAF précise que “tout membre peut démissionner de la FAF.

Il doit annoncer sa démission en envoyant une lettre recommandée au secrétariat général de la FAF”, mais l’article 39 de ces mêmes statuts indique clairement qu’”en cas de vacance du poste de président, ses obligations officielles sont exercées par le vice-président disponible et, à défaut, par le membre du bureau fédéral le plus âgé jusqu’à la prochaine assemblée générale ordinaire qui entérine”.

Amara a démissionné séance tenante devant les membres du BF (réuni en urgence en session extraordinaire) qui a acté sa décision dans un communiqué publié sur le site officiel de la FAF et annoncé sa démission publiquement devant la presse.

“Le président de la FAF, Charaf-Eddine Amara, a officiellement remis sa démission devant le bureau fédéral convoqué pour une réunion extraordinaire aujourd’hui 31 mars 2022 au siège de la Fédération, à Dély-Ibrahim. Les membres du bureau fédéral ont pris acte de la décision du président de la FAF. Conformément aux statuts de la FAF et au décret exécutif 14-330, les membres du BF ont désigné M. Mohamed Maouche, vice-président de la FAF, pour assurer l’intérim jusqu’à la tenue de l’AGE (assemblée générale élective) qui ne saurait dépasser statutairement les 60 jours.  Par ailleurs, une nouvelle réunion du BF sera programmée pour le lundi 11 avril 2022 avec à l’ordre du jour la préparation et l’organisation de l’AGE”, avait annoncé un communiqué publié par la FAF.

Logiquement donc, il appartient au président intérimaire de convoquer la réunion du BF non pas à Charaf-Eddine Amara. En revanche, il appartient aussi au bureau intérimaire de convoquer d’abord l’assemblée générale ordinaire afin de permettre justement à Charaf-Eddine Amara de présenter son bilan, moral et financier, et de remettre sa démission à l’AG qui l’a élu le 15 avril 2021, pour l’entériner.

En outre, l’article 14 des statuts de la FAF précise que “l’assemblée générale est seule compétente pour suspendre un membre de la FAF. Tout membre coupable de violations graves et répétées de ses obligations peut être suspendu avec effet immédiat par le bureau fédéral. Si elle n’est pas levée entretemps, la suspension est valable jusqu’à l’assemblée générale suivante.  La suspension entraîne la perte automatique des prérogatives liées au statut de membre. Il est interdit aux autres membres d’entretenir des relations sur le plan sportif avec un membre suspendu. La commission de discipline peut infliger d’autres sanctions”.

Il appartient donc exclusivement à l’AG et le bureau fédéral de la FAF prononcer ce genre de suspension. À aucun moment les statuts de la FAF ne donne la prérogative au président de suspendre un élu. C’est du reste inédit dans les annales du football algérien.

En fait, le problème n’est pas tellement de savoir à partir de quel instant la démission de Amara est effective ; c’est assurément anecdotique mais le risque que le président démissionnaire règle des comptes avec son opposition au sein du BF est réelle. Ce risque doit être déontologiquement écarté. C’est justement le cas en l’occurrence avec la mise à l’écart de Bahloul et Aïssaoui.

En revanche, il clair aussi que Bahloul et Aïssaoui ont enfreint les statuts en dérogeant à l’obligation de réserve. “La décision prise par le Président de la FAF a été motivée par le constat d’atteintes répétées à l’obligation de réserve imposée par les statuts de la Fédération et pesant sur chacun des membres du BF. L’article 35.7 desdits statuts dispose : à l’exception du président ou du porte-parole de la FAF, les membres du bureau fédéral sont tenus à l’obligation de réserve en dehors du cadre intérieur de la Fédération. Tout manquement à cette obligation sera considéré comme faute grave et traité comme tel”, explique la FAF. Résultat des courses, le bureau fédéral de la FAF se retrouve divisé ; d’un côté les pros Amara, à savoir Oukali, Benhamza, Laghouati, Medane et Touil.

D’un autre côté, les opposants à savoir Bahloul, Gasmi, Maouche, Mansouri, Aïssaoui, et Oumamar. Soit 6 contre 6. Les opposants à Amara, qui ont décidé de ne pas tenir la réunion du bureau fédéral prévue hier, posent une seule condition pour leur présence le 17 avril : que Mohamed Maouche préside la réunion. “Les décisions du Bureau fédéral ne sont valables que si la majorité de ses membres sont présents. Si ce quorum n’est pas atteint, il se réunit valablement le jour suivant quel que soit le nombre des membres présents”, stipule l’article 37 des statuts de la FAF…

SAMIR LAMARI

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